Voyage fantaisiste et sérieux à travers l’Ardèche et la Haute-Loire

Docteur Francus

- Albin Mazon -

XXXV

Epilogue

Juin 1894

J’ai voulu revoir, ce printemps, le champ de notre excursion de l’année dernière.

J’ai traversé le Puy et de là j’ai regagné l’Ardèche en passant par le Monastier et Sainte-Eulalie.

Les prairies de la Loire étaient en fleurs, et on ne peut imaginer une pareille profusion de couleurs et de parfums. Ah ! la terre, annuellement renouvelée, envoie, de ses hauts sommets, au Créateur un autre encens que le nôtre, et le concert des vents, des eaux et des êtres animés, forme un hymne à l’Eternel, qui laisse bien loin derrière lui les inspirations des plus célèbres artistes.

Au milieu de ce grandiose office religieux de la nature, j’ai retrouvé la famille Gerbier continuant à vivre dans sa simplicité antique, et son hospitalité n’a pas été moins cordiale que l’été précédent. « La Sarrasine », seule maintenant, a manifesté à ma vue une joie dont j’ai été touché. J’ai appris, en arrivant, une triste nouvelle. L’oncle Jérôme est mort cet hiver en prodiguant ses soins dans un village décimé par la petite vérole. Dieu ait son âme ! Son frère m’a dit simplement : Il est mort en bon chrétien comme il avait vécu ; il est allé recevoir sa récompense !

(…)