Albin Mazon

Docteur Francus

- Albin Mazon -

Charles Albin Mazon est un journaliste et un historien français, né à Largentière (Ardèche) le 24 octobre 1828.

Sa famille est originaire d’Antraigues. Son père Victorin Mazon (1796-1861) est médecin et sa mère Virginie Clément-Rouvière (1807-1836) est native de Nîmes.

Lecteur insatiable dès l’enfance d’ouvrages d’histoire, d’imagination et de poésie, Albin Mazon est d’abord élève du « petit séminaire » de Bourg-Saint-Andéol puis jusqu’en 1846 du collège de Privas, tenu par les Basiliens (temps dont il gardera un souvenir ému et reconnaissant).

Il entreprend ensuite des études de médecine à Paris. Mais le docteur Victorin Mazon, républicain convaincu, est compromis dans « l’affaire de Laurac ». En 1851, cela les oblige à s’exiler pour opinions politiques, en Suisse dans un premier temps, puis dans les États de Savoie, qui appartenaient alors au royaume de Sardaigne.

Albin Mazon doit renoncer à ses études de médecine pour trouver une situation. Il devient journaliste, à Chambéry d’abord, puis à Nice. Rédacteur à l’Avenir de Nice en 1855, il est un des artisans du rattachement de Nice à la France. Ses articles, prématurément favorables à l’idée de l’annexion, le font expulser par le gouvernement italien en 1861.

Après dix années d’éloignement, il se réfugie à Paris pour prendre la direction des services télégraphiques de l’Agence Havas. A l’occasion du rattachement de Nice à la France, il est décoré de la Légion d’honneur le 15 août 1862.

Charles Albin Mazon

A sa retraite en 1890, il se consacre entièrement à l’histoire de son pays natal, le Vivarais, devenu le département de l’Ardèche. Infatigable explorateur et historien du département, Albin Mazon est l’auteur de nombreux ouvrages dont treize récits de voyages en Ardèche publiés sous le pseudonyme de « Docteur Francus ».

Ce nom évoque à la fois le souvenir d’une vocation médicale, le goût de l’histoire ancienne, l’amour du pays, le franc-parler, le souci d’observer les maux et d’y chercher remède… Tous ces éléments sont présents dans chaque volume de la série des « Voyages du Docteur Francus ». Cette œuvre de longue haleine, entreprise à partir de 1878, avait pour ambition de faire découvrir aux Ardéchois, région par région, la vie et l’histoire de leur province.

Albin Mazon est mort à Paris le 29 février 1908. Il est enterré au cimetière de Privas où il possédait une maison, place des Mobiles, en face de la demeure de M. Paul d’Albigny avec qui il avait fondé la Revue du Vivarais.

Cet érudit chercheur a fait don du fruit de son travail d’historien, constitué de notes, lettres, coupures de presse, documents originaux… Pour Albin Mazon, cette documentation qui va de 1184 au XXe siècle, devait servir à un dictionnaire « historique, géographique, biographique, bibliographique, industriel et commercial » de l’Ardèche qui n’a jamais vu le jour.

Albin Mazon a ainsi laissé plus de 180 ouvrages et brochures. Ses notes et documents, dont 150 volumes et dossiers, sont désormais numérisés et conservés aux Archives départementales. Les registres de son Encyclopédie de l’Ardèche constituent aujourd’hui une partie substantielle du Fonds Albin Mazon consultable en ligne.


Les Voyages du Docteur Francus ont été publiés du vivant d’Albin Mazon de 1878 à 1905. Ils ont été réédités à partir des années 1965 jusqu’en 1987 par l’Imprimerie Lienhart et Cie à Aubenas, les Editions Simone Sudre au Teil et les Editions de Candide à Lavilledieu. A partir des années 1990, certains titres ont à nouveau été réédités par les Editions Dolmazon au Cheylard et La Bouquinerie à Valence.

Depuis fin 2016, mon objectif avec ce site est de continuer le travail de diffusion de ces récits de voyage. J’espère que cette nouvelle édition intégrale permettra à de nouveaux lecteurs de découvrir ces témoignages du patrimoine ardéchois.

A travers ce média moderne, les lecteurs et les historiens locaux pourront plus facilement étudier et accéder à cette somme de connaissance du terroir ardéchois qui fut l’œuvre de la vie d’Albin Mazon. Tous les amis de l’Ardèche et du Vivarais pourront ainsi dans quelque temps consulter à volonté la collection complète des Voyages du Docteur Francus.

Michel